Ceux qu’on aime – Steve Mosby

couverture

Synopsis:

Vous laissez un message à l’un de vos proches, dont vous n’avez pas de nouvelles. Il ne vous répond que par mail ou par SMS. De nos jours, rien de plus normal. Vous inquiétez-vous ? Imaginez-vous une seconde que ce n’est pas lui qui vous a répondu, qu’il est séquestré, privé d’eau et de nourriture… et que vous n’entendrez plus jamais le son de sa voix ? Tel est le mode opératoire d’un tueur en série qui s’attaque à des jeunes femmes célibataires, les séquestre, endosse leur identité auprès de leurs proches et les laisse dépérir à petit feu, dans l’abandon le plus total. Sam Currie est commissaire, Dave Lewis journaliste, tous deux ont sur la conscience la mort ancienne d’un parent, qu’ils auraient peut-être pu sauver s’ils avaient fait davantage attention à lui. Deux hommes hantés sur qui un piège infernal va se refermer, et qui devront trouver les ressources psychologiques nécessaires pour assumer leur passé, affronter le tueur et, cette fois, être là pour ceux qu’ils aiment.

Mon avis:

Après avoir lu Les Fleurs de l’ombre (je n’ai pas suivi l’ordre de parution mais je pars du principe qu’en matière de polar, ça n’a pas d’importance, surtout quand les personnages présentés ne sont pas les mêmes), j’avais énormément envie de lire ce livre et heureusement car je serais passée à côté de quelque chose!

La scène d’ouverture: nous assistons à la course effrénée qu’un certain Roger livre pour retrouver au plus vite son ancienne petite amie, Alison. Lorsqu’il arrive enfin chez elle, il s’avère qu’elle est morte depuis beaucoup de temps et que quelqu’un a volé son identité pour rassurer ses proches par sms et par email pendant qu’elle mourait peu à peu de déshydratation.

Entrons dans le vif de l’histoire.

Celle-ci est racontée de deux points de vue: Dave et Sam.

Dave est un journaliste prestidigitateur à ses heures perdues. Ayant perdu son frère lors d’un accident quand il était enfant, il s’est toujours senti coupable de sa mort
Il nous relate comment il a rencontré Tori qui est la personne la plus importante à ses yeux même si leur histoire n’a duré que le temps d’un feu de paille. Deux mondes trop différents, deux personnalités aux centres d’intérêts que rien ne regroupe. Néanmoins, ils ont décidé de rester amis et de garder le contact.

Sam est commissaire. Sa femme l’a quitté suite à la mort de leur fils qui était drogué. Il se sent coupable d’avoir ignoré son fils au point de n’avoir découvert son corps qu’une semaine après son décès.

Ce qui réunit ces deux hommes-là?

Cette fameuse enquête: un homme s’en prend à des jeunes femmes vivant seules, les ligote et les laisse mourir sans rien faire d’autre. Pendant ce temps, les proches des femmes ne la revoient plus jamais mais ils ne s’inquiètent pas. En effet, s’ils continuent de recevoir des textos et des emails, c’est que tout va bien, non?

Flippant.

L’histoire tourne donc autour de Dave car il se rend compte que la dernière femme tuée est une de ses ex et avec l’enlèvement de Tori, le doute n’est plus permis. Le tueur lui en veut, à lui et il ne sait pas pourquoi.

Pendant qu’il est contraint à obéir aux ordres de ce mystérieux ravisseur et à endosser la culpabilité pour tout ce qui a été commis, Sam, de ce côté, enquête sur un certain Franck Carroll, un homme maintenant cinquantenaire qui est en liberté conditionnelle et porte un bracelet électronique. Il est coupable d’avoir abusé de ses deux enfants et d’avoir poussé le sadisme jusqu’à attacher sa fille à un lit pendant 2 jours. Deux jours pendant lesquels elle n’a reçu ni eau, ni nourriture et qu’elle a passés enfermée dans le noir.
Ca vous dit quelque chose?

Et à côté de ces deux points de vue, quelques scènes sont intercalées entre les chapitres. Racontées par Mary, on comprend qu’elle est la fille de Franck et qu’elle n’a pu oublier les traumatismes qu’elle a subi. Elle reste une victime.

Nous assistons donc à une course contre la montre effrénée.

Les périodes dans le présent s’alternent avec les flashbacks mais on n’est jamais perdus. En même temps, le rythme est tellement soutenu qu’on ne prend même plus la peine de réfléchir. On se laisse porter par le courant. Les indices qui sautent aux yeux et qui devraient nous faire tilter sur l’identité du méchant, eh bien, on les zappe carrément et là, le dénouement arrive.

On le sent arriver par un ralentissement du rythme. Pas une différence significative mais assez pour nous permettre de souffler et de se dire « quoi? » lorsque la réponse est révélée.

« Quoi? »

« Lui/Elle? »

« Pourquoi? »

Incroyable qu’on se pose tant de questions alors que les réponses nous sont apportées sur un plateau d’argent, non?

Enorme!

Le pire? C’est que vous ne revenez même pas en arrière pour relire les indices semés car la première lecture a fait en sorte de vous les imprimer dans votre cerveau. Une logique implacable.

Wouah.

Comme le disait la quatrième de couverture, Ceux qu’on aime aborde des thèmes universels. La solitude dans notre société malgré tous les moyens de communication que l’on a maintenant est une thématique qui me parle car c’est vrai: par exemple, rien que dans le bus. Vous voyez tout le monde, mais vraiment tout le monde, vissé à son portable mais personne ne se parle. C’est triste…

Autres thèmes: les sentiments qui perdurent, la valeur des choses dans l’existence.

Il n’y a pas besoin d’aimer pour avoir dans sa vie et pour la vie une personne. Il suffit qu’elle soit. C’est tout. Vous le savez tout de suite lorsqu’une personne est spéciale. Et pour ça, il n’y a rien de tel que de la voir en chair et en os pour la garder car au final, les moyens de communication modernes nous éloignent plus qu’elles nous rapprochent.

Bref, ce livre est un vrai bijou. Vous ne pouvez pas passer à côté!

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8 réflexions sur “Ceux qu’on aime – Steve Mosby

  1. Bon, j’avais déjà envie de le lire rien qu’en lisant la 4e de couverture mais là, ta chronique me donne encore plus envie! Et un livre de plus qui va bientôt rejoindre ma PAL 😀

  2. Pingback: Ceux qu'on aime – Steve Mosby | Le Sentier Des Mots | Des polars à la Bibliothèque Départementale de Prêt de Dordogne | Scoop.it

  3. Superbe ta chronique. En général, je ne suis pas fan de ce genre littéraire mais là, je me laisserai bien tenter…

    • Ce livre est catalogué comme thriller mais en fait, non. Il n’est pas sanguinolent ou violent mais il joue plus sur la psychologie et invite à la réflexion. C’est pour ça que c’est rare que je dise ça mais ce livre est un petit coup de coeur.

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